Dites-lui que je l'aime *

Romane Bohringer

Touché !

D'où vient l'émotion au cinéma ? Parfois elle vous étreint, parfois on sent que tout est fait pour qu'elle vous emporte et rien ne se passe.

Dans cette drôle d'entreprise, une actrice-réalisatrice découvre en lisant le livre d'une femme politique fille d'actrice que leurs enfances respectives avec des mères lointaines puis disparues ont beaucoup de correspondances et décide de fabriquer un film en forme de docu-fiction, mêlant enquêtes, témoignages, reconstitutions de scènes vécues...

Cela sent le piège lacrymal à plein nez, tout pour m'exaspérer...

Et dès les premières minutes, sans savoir pourquoi, le récit fonctionne, les deux "personnages" existent, Romane Bohringer totalement investie, parlant beaucoup d'elle, d'une sincérité prenante, et Clémentine Autain, plus réservée, pas comédienne comme elle le dit, lisant des pages de son livre avec application, envahissant l'écran malgré elle, femme sage et lumineuse. 

Il y a des choses malvenues, peut-être un peu trop de gros plans sur leurs deux visages, la partie mi-reconstitution, mi-fiction concernant l'enfance de Clémentine avec sa mère qui ne fonctionne pas toujours, le fils de Romane plaqué sur le récit de manière très artificielle et carrément ridicule dans la dernière scène, mais il y a aussi des apparitions terriblement émouvantes, Richard Bohringer tel qu'il est maintenant, avec tous les ravages de la vieillesse mais avec sa voix, puissante et fragile en même temps, magnifique... Dominique Frot, juste une minute, mais elle aussi incroyable de présence, toutes les interviews de Dominique Laffin, la mère de Clémentine que l'on sent au bord d'elle même, joyeusement désespérée.

L'ensemble fait que l'on peut rester en dehors, ou complètement captivé et ému profondément par ces deux femmes à la recherche de leurs mères.

 

 

Sorti le 3 décembre 2025 

Vos commentaires

Totalement bouleversant. 

Le propos bien sûr ; le récit de ces deux femmes formidables, Romane et Clémentine, en quête de leur propre histoire ; des histoires singulières, intimes mais qui se font écho ; et qui ont aussi un caractère universel dans l'humanité qu'elles dégagent... l'abandon, l'amour, la peur, la (re)construction, la transmission... 

Bouleversant aussi dans le traitement. Les (très) gros plans, les grains de peau, les larmes, les sourires... l'émotion est là tout le temps, sans artifices. 

Et les flous aussi, les superpositions d'images qui embrassent les incertitudes, les pudeurs...

Tout est bien.

L'équilibre est parfait entre les scènes jouées par des acteurs, celles qui convoquent les "vrais.e.s" témoins de ces histoires et les films, les photos, les carnets retrouvés. C'est fluide. 

Le rythme, les effets... Tout est bien. 

Jusqu'à une dernière scène qui dessine un joli sourire sous nos yeux humides.

J'adore.

Thierry D. le 23 décembre 2025

 

 

C’est toujours embêtant d’être déçue par un film que j’avais envie de voir.

On a même franchi les limites de la ville pour trouver une séance, c’est peu dire.

En plus les copains ont adoré, alors, forcément ça va le faire.

Et non, ça ne marche pas comme ça le cinéma. On est touché ou pas. On sait pourquoi ou pas.

Là je sais. Mais c’est presque compliqué à dire tant il y a un consensus « local » sur ce film.

Je n’ai pas aimé la posture de Romane pendant ce film. Voilà. C’est ça. J’ai le sentiment qu’elle s’est accaparé la vedette. Ça m’a dérangé tout du long et je n’ai pas été touchée.

Pourtant l’idée de départ est plutôt jolie. Elle fait un film sur sa mère, son manque de mère plutôt en s’inspirant du livre de Clémentine qui l’a bouleversé. Les deux en parallèle. Un docu-fiction quoi. Et on apprend plein de choses.

Soit. J’avais adoré A bicyclette.

Mais trop de Romane en gros plan, partout, tout le temps.

Puis le rythme, lent trop lent.

Puis le ton grave, quasi tout le temps.

Puis l’impression désagréable que Clémentine et sa propre mère servent de faire-valoir.

Puis la fin du film avec son fils, mais non !

Et là, pire.

Le sentiment que j’aurais été plus émue par un documentaire.

Karinette des Oibs, le 3 janvier 2026