Father Mother Sister Brother

Jim Jarmusch

Insubmersible

C’est du cinéma léché, très structuré, impeccablement filmé, dialogué, construit. Les acteurs sont tous formidables, jouant avec les silences, les non-dits, les suggestions. C’est un art du mensonge poussé à l’extrême, du moins dans les deux premiers chapitres. Le troisième est moins ironique, moins caustique. Mais au bout du compte, au bout des trois histoires distinctes, aucune émotion ne vient troubler la très sage et très lisse impression qui se dégage de l’ensemble. Tous les personnages et les situations dans lesquelles Jarmusch les a glissés paraissent terriblement étudiés, conceptuels, cochant toutes les cases des conflits familiaux larvés. Tout cela manque de vie, d’inattendu, de fragilités. Tout est parfaitement cohérent, là où l’on aimerait parfois que les choses dérapent et fassent valser les choses vers un peu d’absurdité, comme il y en a dans toutes les familles. Le film n’est pas désagréable à visionner mais on perçoit toutes les ficelles et les coutures, et les maigres passerelles entre les différents chapitres sont tellement surlignées qu’elles sentent à plein nez l’exercice de style, on les voit arriver grosses comme des viaducs… là où l’on pourrait s’attendre à beaucoup de subtilité, c’est la lourdeur des charnières qui prédomine. Comme le rythme est particulièrement nonchalant, on a tout le temps de les observer. C’est sans doute satisfaisant pour son propre ego, mais globalement décevant : à aucun moment on ne se trouve submergé.

 

 

 

Sorti le 7 janvier 2026

Vos commentaires

Belles prestations de tous les comédiens.
Complexité des relations entre parents et enfants, trois scènes entre humour, mélancolie ou nonchalance, avec des inconnus auxquels on ne s’attache jamais dans un rythme lent sans grand intérêt.

Dominique P, le 31 janvier 2026