L'agent secret

Kleber Mendonça Filho

Puzzle à reconstituer

Formidable, la scène d’ouverture ! Elle fait penser à celle d’Inglourious Basterds, tarantinesque dans sa tension, ses silences et ses mystères. La suite est en deçà, en forme de puzzle dont il manquerait plusieurs pièces, et plutôt déséquilibrée avec une dernière demi-heure où le rythme s’accélère, comme si le réalisateur avait voulu retenir ce qui précède pour tout libérer au final. Le récit semble parfois confus, mélangeant des sous-intrigues, rajoutant des fausses pistes sans beaucoup d’intérêt (la jambe poilue…). Mais il y a tout de même une très belle reconstitution des années 70 au Brésil, ou tout au moins ce qu’on peut en imaginer, et de magnifiques personnages secondaires, comme la vieille dame protectrice ou la femme disparue du personnage principal (tout petit rôle mais très marquant) et toute la galerie des vilains méchants (un peu caricaturaux, mais c’est du cinéma…). En revanche, grosse incompréhension quant à la récompense cannoise pour l’acteur principal, assez fade et jouant, à sa décharge, un personnage sans relief, ni très léger, ni très inquiet. Il semble traverser le film en observateur de sa propre traque, et l’on peine à s’y attacher. Bacurau, du même réalisateur, avait beaucoup plus d’énergie et de tranchant.

 

Sorti le 17 décembre 2025 

Vos commentaires

Du cinéma, ça c'est sûr !

On y trouve un peu de tout, on s'y perd aussi, tant c'est foisonnant. Mais c'est pas grave.

L'atmosphère est moite, inquiétante. Tout peut arriver aux détours d'une samba.

Les portraits de personnages sont le cœur du film, avec une belle brochette d'affreux mais aussi de formidables résistants. La dictature, la corruption à tous les étages des années 70 au Brésil, mais aussi les poches d'humanité.

Ça interpelle l'état du monde aujourd'hui.

Ça n'oublie pas d'être léger et tendre.

Le "gore" est tarantinesque, alors ça va.

C'est vraiment bien.

Thierry D. le 20 décembre 2025