L'engloutie
Louise Hémon
Sans profondeur
Un gros travail d'ambiance plonge (engloutit ?) le spectateur dans un univers hostile, rude, glacial, tout comme l'héroïne de cet étrange récit, une jeune maîtresse d'école venue apprendre le français à de jeunes enfants dans un hameau coupé de tout, recouvert de neige, peuplé de personnages frustes élevés à coup de croyances archaïques.
La jeune femme est prise de pulsions sexuelles et des habitants disparaissent, ensevelis (engloutis ?) sous des avalanches.
L'histoire est un peu floue, dans son déroulement comme dans sa signification. Mais cela est finalement moins gênant que le jeu des acteurs, qui ne font pas croire à leurs personnages. Galatea Bellugi ne porte pas suffisamment le mystère de ses comportements. Elle agit étrangement, mais tout reste en surface. Les paysans ou bûcherons parlent tous un patois qui semble fabriqué et surtout passent au français pour échanger avec l'institutrice, un français très vingt-et-unième siècle, dans les intonations, dans le vocabulaire, dans l'absence complète d'accent. Celle façon de parler rend les personnages complètement irréels et empêche le spectateur d'adhérer à l'histoire, d'autant plus qu'il y a par ailleurs de nombreux détails qui semblent très documentés, comme la présence des animaux dans les habitations, ou un cercueil sur le toit en attendant le dégel, ou bien encore l'absence des mères, descendues dans la vallée pour l'hiver (en tant que personnel de maison).
C'est une engloutie sans profondeur, à laquelle on ne croit pas. Dommage.
Sorti le 24 décembre 2025