La Grazia
Paolo Sorrentino
La dignité
Quand Sorrentino, l'auteur de "la grande beauté", s'attaque à "la grâce", on est en droit de s'attendre à un bouquet de douces surprises, peut-être un peu de sensualité, une lumière particulière... la déception est à la hauteur de l'attente. Le film manque d'enjeux, de couleurs, de mouvements, de personnages. Certes Toni Servillo est formidable mais il ne surprend pas, il fait l'homme digne, un Jep Gambardella (celui de La Grande Bellezza) en version un peu plus âgée, plus compassée et pour tout dire, plus ennuyeuse. Les teintes brunes et grises dominent, les discours sentencieux et très intelligents inondent les dialogues, les deux femmes sont caricaturales, l'une très (trop) sage, l'autre faussement truculente. Quelques très belles scènes rappellent que Sorrentino en est le metteur en scène, mais à aucun moment on ne ressent l'extase du spectateur, comme dans Youth ou la Grande Bellezza. Tout est trop sage, mesuré, terne et désespérément digne. D'ailleurs, comment dit-on la dignité en italien ? Ah, la Dignità. C'est comme cela que le film aurait pu (dû) s'appeler.
Sorti le 28 janvier 2026