Ma frère *

  Lise Akoka, Romane Gueret

Mais d’où vient toute leur énergie ?

Rien à voir ou presque avec Nos jours heureux, le plutôt joli film montrant le quotidien d’une colonie de vacances (20 ans déjà !), ni avec Un p’tit truc en plus, qui partagent le même principe des vacances organisées et en communauté, avec des personnages forts, qu’ils soient animateurs ou participants. Rien à voir parce que ces deux films ont un récit très construit, des dialogues très écrits, une multitude de punchlines et un épilogue joyeux. Mais il s’agit tout de même ici d’un plongeon dans une colonie, réunissant des enfants qui viennent tous du même quartier parisien très populaire (oui, oui, il en reste). C’est la fabrication du film qui fait toute la différence. Les réalisatrices se sont mises à hauteur d’enfant, on les sent très à l’écoute, et les dialogues sont avant tout formidablement spontanés. Tellement spontanés d’ailleurs que les vieux machins comme moi sont loin de tout saisir. Ils parlent vite et très fleuri, tous ces jeunes ! Il n’y a pas que les enfants, il y a aussi les deux animatrices, amies depuis toujours, pour le film et dans la vraie vie, et l’une d’elles semble à peine sortie de l’enfance. Mise à part l’ambiance sonore (ce peu de bruit, c’est louche…), tout sonne vrai, les rapports entre les enfants, leur regard sur les adultes, leur façon de passer en une minute de la méchanceté pure à l’empathie profonde, mais aussi l’entrée dans le monde adulte des deux amies et des autres animateurs, leurs hésitations, leurs tristesses et leurs enthousiasmes mêlés. Le récit est parfois chaotique, il semble qu’il y ait eu plus d’une centaine d’heures de rushes et cela se ressent sur l’aspect puzzle éclaté du film, mais celui-ci possède une énergie formidable malgré la mélancolie qui se dégage de plusieurs personnages, animateurs ou enfants.

 

Sorti le 7 janvier 2026

Vos commentaires

Le langage des gamins a bien changé (BDH = bandeuse d’homme).

Ce film de colonie de vacances reflète sa culture banlieue, certains dialogues sont très rapides et pas articulés, 2 ou 3 scènes sortent de la vulgarité ambiante.

Un film tendre, traitant de sujets sociaux certainement justes dans leur représentation d'une certaine jeunesse.

Dominique P, le 15 janvier 2026