Workers *

José Luis Valle

Douceur légèrement burlesque

Ce sont deux histoires distinctes racontées en parallèle, deux parcours dont on devine qu'ils sont liés, sans que cela soit dit explicitement. Deux personnages que l'on suit dans leurs métiers respectifs, y subissant des humiliations, évidentes ou pernicieuses, et qui décident de ne plus obéir. Les deux révoltes ne font pas de bruit mais elles démontrent qu'il est possible, individuellement ou collectivement, de refuser les absurdités que l'on peut vivre dans une activité professionnelle. Le film décrit tout cela, par petites touches, avançant lentement, très lentement, jusqu'à l'exaspération, mais cette presque immobilité montre qu'il faut parfois beaucoup de temps pour parvenir à ses fins. Il y a un vrai langage cinématographique auquel on peut ne pas adhérer mais si l'on parvient à se laisser emporter par la douceur légèrement burlesque, par l'étrangeté un peu irréelle des situations, par l'aspect répétitif et lancinant de l'ensemble, il y a un côté hypnotisant et tout à fait singulier qui peut séduire le spectateur. Ou pas. 

 

Sorti le 30 octobre 2013  (critique janvier 2026)