Auguste Renoir au Musée d'Orsay
(exposition)
Le plaisir
Ah, les petits bonheurs au musée d’Orsay… Tant de tableaux que l’on croit connaître, que l’on connaît, que l’on a déjà vus sur des cartes postales, qui font partie de notre imaginaire. Et là, les voir soudain en vrai, souvent plus grands que ce que l’on imaginait, plus lumineux, plus vivants, et s’en approcher, s’y noyer, s’en délecter…
Nous étions là pour voir l’exposition Renoir et l’amour. Dans un espace réservé, quelques dizaines d’œuvres du peintre, classées par périodes ou par thèmes, certaines très connues (le moulin de la Galette), d’autres un peu moins. Rien que du plaisir, sauf la foule, qu’on arrive tout de même à parfois oublier. Le plaisir des couleurs, éclatantes, chatoyantes, des jardins de rêve bordéliques à souhait. Le plaisir de la lumière, mais comment fait-il pour rendre compte de la caresse du soleil sur les visages ou les tissus. Le plaisir des regards, la douceur, la mélancolie, et soudain, au détour d’une salle, le charme absolu d’un visage délicat, sourire léger, qui vous fixe, vous enrobe, ne vous lâche plus (Une loge à l’Opéra).
C’est pas du cinéma, c’est pas du théâtre, c’est pas de la littérature non plus et pourtant ça raconte des histoires. Des instants suspendus, des personnages, des relations mystérieuses, et qu’est-ce qu’elle pense, là, accoudée sur le dossier d’un canapé… Et qu’est-ce qui fait qu’on reste scotché devant ces images…
Renoir, c’était pas forcément ma tasse de thé, et même au sortir de l’exposition, il ne fait sans doute pas partie de mes peintres préférés. Mais c’était du plaisir de voir ses tableaux, de s’en imprégner, de se laisser aller au bien-être surprenant que peut procurer une toile peinte.
Juin 2026