À pied d'œuvre

Valérie Donzelli

Le nombril raisonnable

On le voit partout, Bastien Bouillon. Et c'est vrai que c'est un acteur follement intéressant. La voix est chaleureuse, le physique faussement banal, le jeu sobre, simple mais pas simpliste, il pourrait jouer la lumière ou la pénombre, indistinctement.

Son personnage ici est plutôt intéressant, se posant et nous posant de multiples questions sur nos envies profondes et jusqu'où pourrait-on aller pour les réaliser. Mais le récit sent tout de même un peu le réchauffé très tendance, un artiste parle de lui, fait semblant d'universaliser son propos, mais revient à son nombril, sans se cacher. Une sorte d'auto-fiction, donc. Très à la mode. Il faut du style pour tenir la route. Ici, Donzelli semble le chercher, son style. Entre d'une part quelques petits effets qui se voient trop pour se faire oublier et pas assez pour donner du caractère au film, et d'autre part un aspect répétitif de tutos pour apprendre le bricolage sous toutes ses formes, la réalisatrice se perd un peu et semble délivrer un message plutôt conventionnel : si tu veux être artiste, assure tes arrières question finance, ou tu vivras une cruelle désillusion. Certes. C'est moyennement inspiré, et très peu inspirant.

 

 

Sorti le 4 février 2026

Vos commentaires

Le scénario se déploie sur une mélodie, illustrant la monotonie des tâches manuelles qu’accomplit Bastien Bouillon remarquable dans le rôle de Paul.
Dans les “bruits de la vie” on y entend Joe Le Taxi de Vanessa Paradis, Foule Sentimentale d’Alain Souchon et Le Vieux Couple de Serge Reggiani plus un clin d'œil à Philippe Katerine.
Portrait de la condition d’un artiste entre précarité et besoin vital un peu lent un peu répétitif dans un semblant de liberté.

Dominique P, le 25 février 2026