Digger **

Alejandro González Iñárritu

Lourdeur sublime

Film clivant, autant par sa forme que par son sujet, Digger ne se raconte pas, ou alors le plaisir des surprises s’estompe. C’est une production plutôt énorme avec beaucoup d’effets spéciaux, un Tom Cruise qui ne se ressemble pas (mais alors pas du tout), des références multiples, un côté lanceur d’alerte pour un public qui ne s’y attend pas…

Ińárritu est aux commandes, et l’on retrouve l’aspect foisonnant de ses récits à plusieurs entrées, ses recoupements en tous sens, et aussi, et c’est sans doute ce qui peut ne pas plaire, ses outrances, ses indélicatesses, son refus du consensuel. C’est gueulard, redondant, gras et lourd. On se croirait parfois dans un Terry Gilliam ou un Roy Anderson et cela peut mener le spectateur soit dans une extase sublime, soit dans un rejet de dégoût. Il y est question de fin du monde mais pas seulement, l’ambiguïté est au cœur d’un récit très maîtrisé qui dévoile peut-être un peu trop tôt son double tranchant mais qu’importe, c’est un cinéma éminemment spectaculaire, inventif, presque Fellinien.

 

Sorti le 30 septembre 2026