Histoires de la nuit

Léa Mysius

Impuissance prévisible 

Oubliez Mauvignier. Son livre est un joyau, du pur diamant noir, à la langue ciselée et hypnotique, dont il est impossible de rendre compte au cinéma. C'est de la pure littérature qui crée des images indélébiles et forcément différentes pour chaque lecteur.

Ici, c'est comme si l'on avait arraché la moitié des pages et gardé uniquement un squelette de récit, en forme de cauchemar. Malgré quelques modifications (d'importance), Léa Mysius est restée plutôt fidèle à l'histoire, à ses personnages (surtout à ses personnages), et n'est pas parvenue à insuffler ce qui faisait la force de sa mise en scène dans ses deux films précédents (Ava et Les cinq diables) : une douce étrangeté, une fragilité pleine de fêlures et de lumière. Ces histoires de la nuit, lorsque l'on oublie Mauvignier, ressemblent à un film de genre, finalement très codifié, sans vraies surprises, certes pas mal fabriqué, prenant, laissant suffisamment de zones d'ombre, mais pas vraiment à la hauteur, à l'interprétation inégale (Hafsia Herzi et Magimel magnétiques, Bastien Bouillon hébété, à côté du rôle...), et tellement, tellement loin de la puissance du roman...

 

Sorti le 16 septembre 2026