L'espèce explosive

Sarah Arnold

Bizarrerie détonante

La prise de vues est classique mais le scénario et la construction du récit ont une singularité détonante, au risque de, parfois, s’emmêler un poil (de sanglier, bien sûr). Tout vire à l’étrange très rapidement : l’enquête en forme d’impasse ; la rivalité entre chasseurs et agriculteurs plutôt floue ; la gendarmerie d’une inefficacité rare ; le personnage principal, joué par Alexis Manenti qui semble soit s’ennuyer ferme, soit carburer à des substances illicites ; une psy débarquée de nulle part, au langage et aux manières sorties tout droit d’un western… de l’Est ; quelques sangliers pacifiques, cibles désignées de quelques abrutis que l’on ne verra jamais ; une tenancière de bar improbable…

L’interprétation n’est pas formidable, entre surjeu et approximation. L’énergie qui pourrait emporter le récit n’est pas au rendez-vous, à l’image de Bertrand Belin, pas vraiment réputé pour sa vivacité. L’histoire n’est pas tout à fait la colonne vertébrale du film, tant elle accumule les culs-de-sac, les invraisemblances, les zones sombres. Mais il reste, à l’issue de la projection, une sensation persistante de bizarrerie, un peu désagréable mais vraiment originale. Il faut peut-être accepter de lâcher prise pour goûter pleinement à l’essence de cette production qui ne ressemble à pas grand-chose de connu.

 

Sorti le 7 octobre 2026