L'Odyssée

Christopher Nolan

Grand spectacle peu subtil

Toutes les adaptations cinématographiques du poème épique attribué à Homère se heurtent à la même difficulté : comment éviter le film à épisodes et faire de cette histoire une aventure intérieure fantastique où se mêlent les regrets, les souvenirs, les moments fabuleux et d’autres très intimes, le tout en respectant l’aspect sombre et torturé du personnage principal (Ulysse) et l’esprit de troupe de guerriers où tous sont liés par la même obsession : le retour chez soi après des années de guerre. Cette production à grand spectacle de Nolan parvient parfois à créer une image de l’univers crépusculaire et désespéré de cette quête, mais elle présente tout de même les épisodes très attendus comme des passages obligés : impossible de raconter l’Odyssée sans montrer Athéna, le Cyclope, Nausicaa, Circée, les sirènes et autres balises codifiées qui se succèdent et tentent de surpasser les précédentes versions. Il y a parfois de la surenchère d’effets spéciaux (pas toujours très réussis), de musique envahissante, de monstres divers. Il y a aussi, et c’est plutôt incongru et malvenu, des clins d’œil féministes à la période contemporaine. Le tout est très spectaculaire et sans subtilité, pas spécialement prenant (il faut bien dire que l’on connait l’issue de chaque scène) et on est en droit de se demander quel est l’objectif du réalisateur : une illustration de plus de cette histoire archi-connue ? une série de prouesses techniques ? un défilé de stars dans des rôles qui leur vont plus ou moins bien ? Matt Damon en Ulysse n’est pas mal du tout, Anne Hathaway en Pénélope fait le job, Robert Pattinson en Antinoos se prend pour un méchant dans James Bond et parait hors sujet, Charlize Theron en Calypso et Zendaya en Athéna manquent cruellement de présence…

Sorti le 15 juillet 2026

Vos commentaires

Un casting XXL dans ce voyage spectaculaire, les acteurs ne parviennent pas à donner vie à leurs personnages et n’apportent aucune émotion,
Plein les yeux, les effets spéciaux sont bien utilisés, mais l'action est rare, les scènes souvent désordonnées.
Plein les oreilles, des gongs, des chants, une bande-son immersive.
Pendant les trois heures que l’on ne voit pas passer, l'esprit de l'Odyssée est respecté, ce long métrage nous rafraîchit la mémoire sans parvenir à convaincre.

Dominique P, le 2 août 2026