Le gâteau du Président **
Hasan Hadi
Amère réjouissance
Il y a quelque chose des 400 coups de Truffaut dans ce gâteau du Président. C'est l'enfance confrontée à l'absurde, aux errances des adultes, à leurs lâchetés, à la difficulté de survivre dans un univers rude. Et puis des merveilles. Des maisons sur l'eau, éclairées la nuit, et l'on pense à Kusturica. Des longues barques dont la poupe effilée donne aux images des allures de conte, d'un ailleurs rêvé. Et pourtant, le récit peut tourner au cauchemar, à tout moment. Le film est en équilibre sur ce double univers, d'un côté une description presque documentaire de l'Irak de Saddam Hussein : des conditions de vie difficiles, une liberté bafouée, et tout cela est montré avec un ton proche parfois de la comédie, une ironie mordante, cruelle, dévastatrice... et d'un autre côté il y a l'innocence des deux enfants, leur quête initiatique universelle, c'est Hansel et Gretel ou bien l'histoire sans fin. Les deux enfants ont un sacré naturel, la petite fille parvient à faire sentir une détermination incroyable, et tous les personnages adultes sont parfaitement dessinés. Peut-être d'ailleurs un peu trop. Ce serait le seul reproche que l'on pourrait faire à ce petit bijou cinématographique, une trop grande clarté ? Une absence de mystères ? Qu'importe, ce gâteau est une réjouissance. Amère, la réjouissance. Comme un Chaplin oriental.
Sorti le 4 février 2026