Marty Supreme

Josh Safdie

Ping-pong-plouf

Le ping-pong (pardon, le tennis de table), c'est un sport qui va vite, très vite. Pas le temps de s'attarder, de réfléchir, de se poser pour élaborer des stratégies. 

La vie de Marty Mauser, très librement inspirée de celle d'un champion authentique, est à l'image du sport qu'il pratique, trépidante, pleine de rebonds et un peu (euphémisme) épuisante. Le film qui raconte une partie de son parcours est un long tunnel emprunté à cent à l'heure qui évoque tout à la fois, ses matches, ses arnaques, ses amitiés, ses trahisons, ses galères, ses amours... c'est plutôt bien construit, fort bien joué, sans aucun temps mort, respectant la chronologie et donc pourvu d'un récit assez clair. Mais d'une part le personnage n'est pas des plus sympathiques et n'a pas grand-chose qui pourrait toucher un spectateur qui se moque du ping et du pong, et d'autre part, son histoire, succession de joies légères et de tentatives pour essayer de se sortir d'un marasme à peu près constant, est aussi intéressante que celle d'une mouche prise au piège d'un bocal en verre.

Il y a bien les parties de ping-pong, filmées de façon spectaculaire, il y a aussi un personnage féminin qui sort du lot (l'amie d'enfance, bien délurée, amoureuse du pongiste, et sûrement pas la vedette de cinéma qui n'a aucun attrait), le film se termine comme il se doit (c'est du cinéma américain à oscars) par une longue séquence autour d'un match où Marty montre enfin d’autres valeurs que sa frénésie égocentrique. Et puis le propre du cinéma, ce qui en fait le sel, c'est aussi de passionner le spectateur pour un sujet qui a priori l'indiffère. Mais plouf (ou pong), sur ce plan, c'est raté. Chalamet peut faire tout ce qu'il veut, il ne parvient pas à donner à son personnage une once d'universalité.

 

Sorti le 18 février 2026

Vos commentaires

Survivant de la Shoah, riche commerçant, vedette de théâtre, rival japonais, beaucoup de monde pas sympathique autour de notre héros impatient.
Voleur, trompeur, manipulateur, amant infidèle, expert en embrouilles, Timothée Chalamet (Marty) insuffle de l’énergie dans l’incarnation du champion de tennis de table.
Quelques bons moments, mais l’ensemble reste décevant, certaines histoires secondaires sans intérêt alourdissent beaucoup le film.

Dominique P,  le 3 mars 2026