Soulèvements *
Thomas Lacoste
Face à l’aberration
Ce sont des femmes et des hommes qui témoignent, qui se posent des questions, qui racontent la solidarité, les amitiés, les petites victoires face à l'adversité, les défaites aussi, les espoirs... on peut imaginer que le réalisateur s'est retrouvé avec des centaines d'heures d'interviews et qu'il a dû choisir pour montrer l'essence des Soulèvements de la Terre : des interrogations complètement légitimes sur des opérations aberrantes d'industriels ou de l'État, puis des actions d'opposition ou de désarmement, pacifiques, parfois illégales mais toujours mues par des impératifs écologiques ou de justice sociale. Ce qui frappe dans ces témoignages, c'est l'intelligence des propos, le haut niveau de réflexion, le refus de simplifier.
Le dispositif est plutôt simple, les membres des Soulèvements parlent le plus souvent face à la caméra, s'adressant à quelqu'un qu'on n'entend pas, qu'on ne voit pas. Parfois, et c'est doublement intéressant, deux générations sont réunies dans la même séquence, le père et la fille ou le fils, qui ne voient pas toujours les choses de la même façon.
Pour lier les témoignages, pour passer de l'un à l'autre, quelques images d'archives, des photos essentiellement, avec un bruit de fond ou une musique grave... c'est l'aspect le moins réussi du film, comme si on voulait que les images parlent, elles aussi.
Lorsque le documentaire s'achève, il reste un sentiment de dégoût envers notre si belle société capitaliste, qui va droit dans le mur et ne fait qu'accélérer.
Sorti le 11 février 2026