Trois adieux *
Isabel Coixet
Celle qui prend son envol
Bien sûr, il y a Alba Rohrwacher, et quoiqu'elle fasse, elle a cette présence singulière, ce regard intense, mélancolique, lumineux malgré tout ce que ses personnages endurent. Alba, je l'adore.
Bien sûr, elle éclaire le film mais celui-ci a son identité propre, c'est une œuvre d'Isabel Coixet, qui n'est pas n'importe qui et parvient à mettre beaucoup de douceur et de délicatesse dans ses films, malgré l'aspect souvent sombre de leurs sujets. Il est question ici de rupture, de maladie, d'amour sans lendemain, et cela pourrait être larmoyant, plein de pathos, mélodramatique. L'émotion vient d'ailleurs. Elle se niche parfois dans les petites pastilles poétiques qui montrent la ville avec des couleurs chaudes, des cadrages inattendus, parsemant le récit de petites bulles de beauté qui donnent au passage de retourner à Rome.
Elle éclot aussi dans la façon de glisser un humour léger, un peu acide dans les instants les plus tendus, ou dans la douceur avec laquelle la réalisatrice déroule son histoire, une histoire universelle, une vie au bord du vide, celle de Marta qui parce qu'elle sait que rien ne sera comme avant, prend son existence en mains et porte un regard nouveau sur ceux qui l'entourent : tous les personnages secondaires existent, ne tombent pas dans les clichés et font eux aussi un portrait en creux de celle qui prend son envol. Beau film, vraiment, au bord parfois d'une certaine mièvrerie mais toujours rattrapé par une pirouette, une surprise, une blague (restez jusqu'au bout du générique...)
Sorti le 2 septembre 2026