Vanilla

Mayra Hermosillo

Film-bonbon

C’est un très joli film, plus sucré qu’acide, malgré le contexte (une famille menacée d’expulsion). Ce qui frappe dans ce premier film autobiographique, c’est toute la convergence des moyens mis en œuvre pour créer un univers singulier, coloré, harmonieux, où les relations entre femmes (puisqu’il n’y a presque que des femmes) sont scellées par l’humour, la tendresse (même les vacheries qu’elles s’envoient sont plutôt tendres), l’amour. Bien sûr tout n’est pas rose, elles marchent sur un fil pour ne pas tomber dans la misère, la solidarité entre elles a ses limites et la grand-mère (enfin, la plus vieille) est une peau de vache (mais on l’aime quand même). Mais au final, il y a beaucoup d’attentions mutuelles et le foyer qu’elles forment a quelque chose de très rassurant pour la plus petite d’entre elles, malgré le bazar et les règles de vie fluctuantes.
Ce qui manque tout de même à ce film-bonbon, c’est un scénario pourvu d’enjeux. D’une part, l’aspect social n’est finalement qu’effleuré, on ne tremble pas face à la menace d’expulsion, celle-ci n’est clairement pas le fil rouge du récit. Et d’autre part, les relations familiales, particulièrement maternelles, propices à conflits, n’évoluent guère. Tout est un peu figé. Joliment figé, mais sans beaucoup de mouvements. Une assemblée de personnages hauts en couleurs, attachants, surprenants, mais ne donnant pas naissance à une véritable histoire.

 

 

Sorti le 20 mai 2026