Fabienne Verdier à la cité de l'Architecture

(exposition)

Harmonie inattendue

 

Incroyable ! Deux expos dans le même mois ! Après le maître de la lumière Quentin De la Tour, voici une artiste française contemporaine (juste un an de plus que moi, une jeunette, donc), Fabienne Verdier. Jamais entendu parler avant ce mois de février. Mais je n'y connais rien en art contemporain.

C'est de la peinture abstraite, réalisée avec des pinceaux énormes ou des poches remplies de peinture que l'artiste déplace avec des machines, en suspension au-dessus d'une toile peinte, unie et très grande.

Comme pour De la Tour, ça sent le procédé, mais c’est probablement plus rapide à faire.

Et le résultat est plutôt bluffant. Un peu comme pour les toiles sombres de Soulages, les tableaux de Fabienne Verdier appellent à la méditation, à une contemplation rêveuse. Que l'on observe les œuvres de loin ou de tout près, la composition ou la matière nous plongent dans le mystère d'une harmonie inattendue. Pourquoi ces aplats de peinture exercent-ils une telle fascination ? On peut être tenté de répondre à ces questionnements, ou pas, et c'est tant mieux si on se laisse faire, d'autant plus que l'exposition des œuvres établit un étrange mais très efficace contrepoint entre l'abstraction de Fabienne Verdier et le classicisme des moulages des tympans, colonnes et façades des églises romanes ou autres présentes dans la cité de l'architecture. Et puis, au contraire de la foule devant les tableaux de De la Tour, ici, il n'y a vraiment pas grand-monde, on a la bienheureuse impression que l'exposition n'est ouverte rien que pour nous. Alors on savoure, on s'attarde, on se laisse imprégner...

 

Mars 2026