Disclosure Day
Steven Spielberg
De la SF coincée dans le passé
Certes, ce nouvel opus science-fictionnesque signé Spielberg s’inscrit dans la lignée des excellents E.T. et Rencontres du troisième type mais on a la nette impression que le réalisateur n’a pas évolué d’un pouce depuis les années 80. Il a beau inscrire son scénario dans un contexte de possible conflit mondial, l’essentiel du récit se concentre sur des péripéties anecdotiques, il ne parvient pas à sortir d’un registre plutôt gentillet d’une bande de braves types (ah tiens, si, une nouveauté par rapport aux films des années 80, cette fois-ci, il donne un rôle essentiel à une femme) qui savent que « nous ne sommes pas seuls dans l’Univers » et veulent le faire savoir tout en protégeant les éventuels extra-terrestres. Parce que ceux-ci, bien sûr, sont des gentils. Pas de méchants aliens dans les films de Spielberg.
Depuis la fin du XXème siècle, il y a eu quelques avancées dans le monde de la SF et de la communication avec des intelligences extra-terrestres (Premier Contact de Villeneuve, Midnight Special de Jeff Nichols) et ce Disclosure Day apparaît comme un revenant fatigué, pas désagréable et même plutôt divertissant, mais sans véritable tension ni suspense, tout cela à l’image des aliens que l’on finit par découvrir en toute fin de projection. Des créatures tout droit sorties des œuvres de SF des années 50, tellement loin par exemple de l’inventivité folle de Premier Contact, ou même du récent et pas follichon Projet dernière chance.
Un peu léger, Monsieur Spielberg, et cela malgré tout le respect que l’on vous doit. Il faudrait renvoyer le film quarante années en arrière, et tout le monde trouverait ça génial. Là, c’est juste décevant.
Sorti le 10 juin 2026