Notre salut

Emmanuel Marre

Rude distance

En moins de six mois, voici deux films traitant de la collaboration. Après le très long Les rayons et les ombres, l’assez peu moins long Notre salut débarque sur les écrans. Qualité française et récit ultra clair pour le Giannoli, partis pris étonnants et quelques ellipses un peu déroutantes pour le film d’Emmanuel Marre.

La performance de Swann Arlaud est à souligner, il incarne un type peu aimable, futur extrémiste de droite, un personnage pour lequel le spectateur n’a aucune empathie (au contraire de celui joué par Dujardin dans Les Rayons et les ombres) mais plutôt intéressant à suivre, pour qui veut comprendre sur quelles bases s’est construit le parti qui se retrouve aux portes du pouvoir en France en 2027.

Est-ce voulu, probablement au vu de certains accompagnements musicaux qui feront écarquiller les oreilles, mais le phrasé, les tics de langage, certaines postures semblent sortir tout droit de ce début de vingt-et-unième siècle. On peut avoir du mal avec tous ces « voilà » ou ces négations oubliées et autres façons de parler qui ne sonnent pas justes dans ces années 40.

Le scénario, la construction du récit, l’évolution des personnages, tout cela est complexe et assez subtil, mais le refus du spectaculaire ou des effets émotionnels crée une distance un peu rude. Il faut s’avaler les deux heures trente comme une sorte de cours d’histoire non évènementielle et pourtant détaillée, sans concessions et finalement plutôt théorique. On aurait aimé apprécier davantage ce film, certes respectable mais un peu ennuyeux.

 

Sorti le 30 septembre 2026